Famille franciscaine de l'Est Francilien

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« Heureux ceux qui procurent la paix, car ils sont appelés fils de Dieu » Evangile selon Matthieu.


> Edito - Premier mai.
Pour qui travaillons-nous ?


           
Kolonnawa est un bidonville de la banlieue de Colombo, au Sri Lanka, installé au pied d'une montagne d'ordures de quatre-vingt-onze mètres de haut, seule ressource de ses habitants qui y glanent une subsistance empoisonnée. Elle s'est effondrée sur eux le 14 avril. Les journaux ne donnent pas le nombre précis de victimes que les secours ont sorties à mains nues des immondices.
Quelques jours plus tard, à Gleba Taquaru do Norte, au Brésil, on découvrait les corps de neuf paysans sauvagement massacrés. Ils exploitaient de petites parcelles loin de tout, mais pas assez loin des immenses domaines de l'agro-business dont elles gênaient l'insatiable expansion. La police n'arrêtera jamais les responsables qui continuent, avec pignon sur rue, de menacer, torturer et assassiner les petits paysans accrochés à leurs lopins.
D'un bout à l'autre du monde, la misère s'ajoute à la misère, la richesse à la richesse, et un abîme vertigineux s'élargit entre les deux. A quoi est-ce dû ? A une fatalité, un processus naturel, une "crise" systémique incurable ?

Chez nous, la misère est fille du chômage et sœur d'exclusion. Elle n'atteint pas encore les seuils terribles évoqués plus-haut, mais on le sent, on le craint, elle s'en rapproche un peu plus chaque jour et la question angoissante, lancinante du chômage occulte celle du travail. C'est pourtant la plus fondamentale. Car c'est bien de l'absence ou de la présence du travail que découlent pauvreté ou bien-être, et c'est lui, et seulement lui, manuel ou intellectuel, qui crée la richesse.
Aujourd'hui, huit milliardaires sont aussi riches que la moitié de la population du monde la plus pauvre (rapport publié en amont du World Economic Forum). Est-ce à dire que chacun des huit travaille autant que cinq cent millions d'autres réunis ? Ont-ils chacun autant de mérite, de besoins, d'importance que cinq cent millions d'autres êtres humains, au point que les enfants morts sous les ordures ou les neuf paysans assassinés soient quantité absolument négligeable ?
Non, bien sûr. S'ils sont aussi riches, c'est parce qu'ils aspirent, concentrent et accumulent la richesse que d'autres ont créée par leur travail, grâce à un système de drainage qui combine mondialisation à sens unique, baisse constante du revenu salarial au profit du revenu financier, spéculation sans principes ni limites, fraude fiscale globalisée, avec toutes les conséquences désastreuses pour les populations que nous constatons dans nos vies quotidiennes, et qui menacent l'avenir de nos enfants et de la planète.

Nous ne pouvons-nous accommoder de cette situation d'injustice, conséquence de la perversion du travail. Il faut rappeler et restituer sa valeur fondamentale de service spirituel, de moyen d'entrer en contact avec notre frère et d'apprendre à le connaître, de créer des liens de service mutuel et de solidarité, de participer à l'œuvre commune, de répondre à la grâce de Dieu et de la faire fructifier, d'assurer le bien-être familial par le geste du pain posé sur la table, un pain qui, "fruit de la terre et du travail des hommes", manifeste la présence du Christ.

Jean Chavot.

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